L’Institut de la statistique du Québec (ISQ), en collaboration avec Brigitte Bédard et Lise Dubois de l’Institut de recherche sur la santé des populations de l’Université d’Ottawa, a publié en juin 2010 son deuxième rapport1a tiré de l’analyse des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – volet nutrition, réalisée en 2004 par Statistique Canada. Cette publication aborde des facettes importantes de l’alimentation des enfants et adolescents québécois (1-18 ans) : les repas, les collations ainsi que de la consommation d’aliments préparés hors foyer.
Les résultats présentés permettent d’identifier plusieurs lacunes dans l’alimentation des jeunes. Le rapport révèle, entre autres, qu’environ 14 % des enfants et adolescents québécois (près de 20 % chez les 9-18 ans) ont sauté au moins un repas pendant la journée. Or, le fait de sauter des repas n’est pas sans conséquence sur le plan nutritionnel. On observe des apports moyens moins élevés de plusieurs nutriments chez les jeunes qui ont sauté un repas comparativement à ceux qui ont pris trois repas. C’est le cas, par exemple, des protéines, des glucides, des fibres, du calcium et des vitamines C et D chez les filles de 14 à 18 ans. De tels résultats suggèrent qu’en sautant des repas, il serait plus difficile d’obtenir un niveau d’apports nutritionnels équivalent à celui obtenu avec les trois repas et ce, malgré la prise de collations. En ce sens, les jeunes qui sautent des repas pourraient avoir plus de difficulté à combler leurs besoins en certains nutriments.
Cela dit, le fait de consommer des aliments ou boissons entre les repas est une pratique fort populaire chez les jeunes québécois. Entre 54 % et 73 % des enfants et adolescents, selon l’âge et le sexe, ont consommé au moins trois collations pendant la journée. Les consommations alimentaires entre les repas contribuent d’ailleurs à plus du cinquième, sinon au quart des apports d’énergie de la journée, soit un peu plus que le déjeuner qui fournit entre 17 % et 21 % des apports énergétiques.
Sur le plan du contenu, les analyses révèlent que les collations consommées sont souvent composées d’aliments moins nutritifs, plus riches en sucre, en gras ou en sel, particulièrement chez les 14-18 ans; en effet la contribution des « autres aliments » (n’appartenant pas aux quatre groupes du Guide alimentaire) atteint jusqu’à 48 % des apports en énergie lors des collations dans ce groupe d’âge.
La consommation d’aliments préparés à l’extérieur du foyer touche également une proportion relativement importante des enfants et des adolescents québécois : 39 % chez les 4-8 ans, 45 % chez les 9-13 ans et 57 % chez les 14-18 ans, pour une journée de référence. Par ailleurs, bon nombre de jeunes ont consommé des aliments provenant de la restauration rapide: 11 % des 4-8 ans, 16 % des 9-13 ans et 28 % des 14-18 ans. Sur le plan nutritionnel, le fait de consommer des aliments de restauration rapide a été associé à une alimentation de moindre qualité. Par exemple, chez les garçons de 14-18 ans, les résultats révèlent que la consommation des aliments provenant de la restauration rapide, par opposition à des aliments préparés exclusivement à la maison, est associé à des apports moyens plus élevés d’énergie, de lipides et de gras saturés.
À l’heure où la Vision de la saine alimentation2 proposée par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec met l’accent sur l’environnement alimentaire global, ces résultats viennent confirmer l’importance d’agir sur l’offre alimentaire à laquelle les jeunes sont exposés.
La publication Les jeunes québécois à table : regard sur les repas et collations1b est consultable sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec. Elle vient compléter le portrait alimentaire et nutritionnel des jeunes intitulé L’alimentation des jeunes québécois : un premier tour de table3publié en 2008.
L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) – volet nutrition est une vaste enquête pan canadienne qui comporte deux volets distincts et complémentaires : un volet général sur la santé et un volet alimentaire. Les données du volet alimentaire ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire complet sur les aliments et boissons consommés durant les 24 heures précédant l’entrevue (rappel alimentaire de 24 heures). Les résultats présentés dans les publications de l’ISQ portent sur 2 014 répondants âgés de 1 à 18 ans.
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